Vrai virus, faux virus mais vraie panique

Dans une note précédente « Soleil vert, on y est » je terminais mon propos en craignant que cela arrive bientôt. Deux ans plus tard au moment où j’écris ces lignes c’est le mouvement de panique planétaire dû à l’épidémie du « covid 19 ». Les historiens des temps futurs … en sauront un peu plus que nous sur ce qu’il fallait faire, sur ledit virus, sur le « scénario » orchestré par les gouvernants, sur la finalité de cette crise. Aujourd’hui, confinés dans nos appartements ou nos maisons nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses en « libre penseur » tandis que la majorité de la population vit terrée chez elle, épouvantée.

Il semble que le pouvoir ait été remis entre les mains des scientifiques et des algorithmes, pouvoir mathématique, autoritaire et implacable. C’est finalement l’objectif du numérique qui est atteint plus vite que prévu : le contrôle absolu. Certains pays (européens) songent déjà à mettre en place des applications mouchards sur les téléphones afin de localiser leurs propriétaires et de savoir où ils sont et ce qu’ils font …
Mais revenons au cinéma.

Deux films me sont venus à l’esprit en cette période étonnante que nous vivons. Le premier plutôt oublié c’est « le Mystère Andromède » de Robert Wise (1971). Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Michael Crichton, le brillant réalisateur de « Mondwest » (Westworld, le film, pas la série) et auteur également de « Jurassic Park » (le livre). Robert Wise est un grand réalisateur de studio qui s’est attaqué à tous les genres et les a conquis avec virtuosité : la comédie musicale « West Side Story », le film fantastique « La malédiction des hommes chats », « la maison du diable », la science fiction « Star Trek » et en ce qui nous concerne le film d’anticipation « le Mystère Andromède ». Avec ce dernier il signe un film austère, réglé comme un papier à musique ou une courbe d’épidémiologiste. Une sonde spatiale américaine tombe sur une petit village du nouveau Mexique. Instantanément tous les habitants meurent. Pourquoi ? Une équipe de scientifiques est dépêchée sur place revêtus de lourdes combinaisons protectrices. Des échantillons sont rapportés. Il semblerait qu’un virus inconnu  rapporté de l’espace ait décimé la population. Dès lors que la nouvelle est connue de la Maison Blanche, branle-bas de combat : les meilleurs scientifiques du pays sont réquisitionnés afin d’étudier le virus dans une sorte de laboratoire bunker souterrain et de contrôler et d’éviter sa propagation.
Bien que doté des moyens d’un « gros film »  le film est plutôt sec comme un coup de trique. Il met remarquablement en scène les précautions infinies que le personnel scientifique prend pour ne pas être atteint par le virus. Celui-ci d’ailleurs, invisible mais redoutable, coagule en un instant le sang des êtres vivants. C’est un film laboratoire et un film de laboratoire, les scènes d’expérimentation sont minutieusement reconstituées et les protocoles sans doute très exacts pour les années 70.

Dans les « Rencontres du troisième type » (1977) de Steven Spielberg, même si l’épidémie n’est pas le sujet du film, un épisode de panique virale est orchestré par le gouvernement afin d’évacuer la zone de la Devils Tower  qui accueillera les extraterrestres. Un faux accident de chemin de fer et le renversement de produits chimiques suffisent à faire croire à une contagion massive d’une région, relayés par une information télévisée en continu. Evacuation de la population, routes fermées, cadavres d’animaux judicieusement disposés, tout est mise en scène pour faire croire à un épidémie et à un risque accru. Police et militaires sont là pour faire respecter les consignes. Seul Roy (interprété par Richard Dreyfus) n’y croit pas et bravant tous les interdits atteint la Devils Tower. Tout n’était que cinéma pour que les extraterrestres soient au rendez-vous.

On peut se demander en ce jour de mars 2020, à l’issue de notre « séquence épidémique Covid 19 », bien réelle celle-là - mais discutable quant à sa gestion - qu’est ce qui sera au rendez-vous ?